QIGONG-TAICHI-BOXE CHINOISE-ESKRIMA
LILLE et PARIS
Relation structure-mobilité : un Taiji ?
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Parfois dans les cours je parle de la relation entre la structure et la mobilité, en les distinguant, sans les opposer.

Pourquoi ?

Pour un premier aspect de cette relation, regardons notre forme de Taijiquan.
Pour chaque technique, il y a des "temps" posturaux. En répétant l'enchaînement, leur comptage facilite l'apprentissage de la technique. C'est un peu "carré" au début mais cela donne des points de repère précis pour la correction posturale à différents moments dela séquence.
Une séquence est un objet dynamique, les rendez-vous précis dans le temps et dans l'espace, une fois posés permettent la recherche de fluidité, comme on dessinerait en suivant des pointillés, avec soin et délicatesse.
Ensuite, en variant les rythmes, en pratiquant les développements des techniques en déplacement et/ou avec partenaire, on redynamise. On explore les richesses et on découvre les non-dits de la courbe, et la façon de se déplacer propre à notre discipline.

Il y a un autre aspect intéressant de cette problématiques. Non pas comme option pédagogique mais comme "personnalité corporelle" propre à chacun. Et comment on peut l'utiliser pour structurer sa pratique de manière gratifiante.
Schématiquement: on peut distinguer une approche de l'entraînement par la posture et une approche par le mouvement (regardez les Qigong proposés).
Chaque pratiquant avec sa personnalité et son corps sera plus à l'aise dans un champ ou un autre. On peut être plus mobile et souple (et relâché, au moins localement), et alors souvent on manquera de structure (stabilité/gestion des charges à l'intérieur du corps).
Et inversement. Les gens plus solides et structurés manquent de souplesse, d'amplitude articulaire, de relâchement.
Encore un constat: on éprouve en général plus de plaisir à faire ce qui nous convient morphologiquement, donc autant encourager sa "tendance".

Il faut à mon sens proposer les deux aspects avec des registres dédiés clairs. Le pratiquant aura des repères dans les registres techniques, et des repères pour se caractériser lui même, reconnaître ses qualités et construire dessus. Ce sera une plus grande source de plaisir et un facilitateur de progrès. Ensuite, l'aspect complémentaire viendra contrebalancer. Mais le plaisir et les premiers succès seront déjà là, et la dynamique de la pratique enclanchée.

C'est une "structure souple" ou "mobile" qui doit être recherchée. C'est là qu'on entre dans la profondeur de la chose et que les principes des arts de qualité prennent tout leur sens. Les Shilis, Yuri et Neri, chaque technique importante du Taichi, même les techniques de Serrada ou de Sinawali en Eskrima visent chacunes à leur manière ce type d'intégration dynamique. Une structure assez dense pour gérer les forces à recevoir et à produire, assez souple pour sentir et s'adapter ou s'échapper, assez juste pour que sa construction par la pratique soit facteur de santé, de plaisir et de longévité.

Finalement quand on parle de connection, ce ne serait pas un peu ça ?
Yin et Yang en équilibre dynamique.
Un Taiji...

Christophe
La face cachée des généalogies


Dans nos disciplines, quel que soit le courant, on trouve souvent des analogies à la famille.
On entend d'ailleurs fréquemment les termes de famille (Taikiken), de clan (arts japonais classiques), de tribu...

Au delà de la simple analogie, on voit même parfois un chevauchement des deux domaines:
Dans certains arts d'origine chinoise (wing chun, Jkd): il y a un titre pour le professeur de l'école, mais aussi un pour sa femme, ses enfants. Même si l'élève d'un maître ne faisait pas partie de sa famille, son engagement dans la relation pédagogique impliquait une relation particulière.
Jusqu'au siècle dernier en Chine et au Japon, en dehors du champ militaire, les arts de combat ont d'ailleurs été souvent des arts familiaux, transmis comme un patrimoine. On conçoit donc bien l'importance des "généalogies" dans cet univers. Dans de nombreux ouvrages ou sur de nombreux sites internet, vous trouverez un arbre généalogique des transmissions de maîtres à disciples. Ces généalogies peuvent parfois être contestables historiquement, surtout quand elles prétendent remonter à plusieurs siècles. Toutefois elles restent structurantes dans le rapport que nous avons à l'histoire de notre pratique.

Une famille à toujours une histoire, et elle est le lieu de transmissions volontaires et conscientes: l'éducation et le patrimoine entre autres. Le "roman familial" aussi, qu'on l'ignore ou qu'on l'accepte. Mais elle est aussi le lieu de transmissions inconscientes et involontaires dont les tabous et les non dits dessinent le contour: relation à l'argent, au travail, à la sexualité, à la parentalité, aspects cachés du "roman familial"... Autant de sujets propices aux développement de souffrances chez les individus.

Dans nos pratiques martiales et corporelles, regardons de quoi est faite la "culture" de ce que nous pratiquons: registres techniques bien sûr, références historiques, personnalités marquantes, langage, imagerie, fondements théoriques. Apprécier tout cela et en approfondir la connaissance fait partie intégrante de l'étude, et dans mon cas du plaisir. C'est la transmission volontaire, consciente.
En poursuivant l'analogie, on peut se douter qu'il existe une part cachée de cette transmission, une part inconsciente, ce qu'on pourrait appeler un "inconscient d'école".

Le propos de cet article n'est pas de déshabiller l'inconscient de mon école ou d'une autre. Ce n'est pas si simple. En revanche, il me paraît salutaire de porter l'attention sur le sujet.
Devenir un adulte libre et épanoui, c'est bien souvent avoir pris la mesure de son "bagage" familial et lui avoir donné la place la plus juste dans la construction de soi et de sa vie.
Dans les arts corporels et martiaux, on peut à profit se demander ce que c'est qu'être un pratiquant adulte, et ce que peut signifier l'accomplissement pour un artiste martial.
A mon sens l'analogie se poursuit là aussi, et prendre la mesure de sa relation avec ses professeurs, des « bagages » transmis à travers l'enseignement et l'histoire de l'école est un parcours de maturation du même ordre.
Le niveau technique n'est donc pas la finalité dans cette perspective d'évolution individuelle, mais au contraire le point de départ. C'est la base concrète pour un parcours plus profond et plus personnel, un autre aspect de la Voie.


Christophe


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Pratiquer toute l'année - l'été
 
Pratiquer toute l'année demande d'adapter nos entraînements à la saison, en fonction de notre état de forme et de santé. Nous sommes en été, voici quelques idées simples.
 
L'été est associé à l'élément feu, et l'organe coeur, le Yang est à son maximum.
 
Pratique de santé:
Vous êtes de santé fragile, vous avez une pratique d'entretien de la santé, ou vous êtes senior:
En été, le corps chauffe très vite, le coeur est donc vite sur-sollicité par la vasodilatation. Nous pouvons vite nous épuiser et avoir du mal à refroidir. Il faut donc pratiquer légèrement des mouvement coulés et fluides (comme l'eau qui est l'élément le plus yin et qui équilibre le feu). Favorisez la petite circulation, servir le thé, les marches...
Allongez-vous l'après-midi pendant les grandes chaleurs et favorisez le retour sanguin (étirements, pieds au mur, massage).
Pratique martiale, ou pratique de santé "énergique"
 
Vous pratiquez l'art martial, vous avez une pratique de développement corporel soutenue:
En été, le corps chauffe très vite, la vasodilatation rapide rend la musculature disponible très rapidement. C'est le moment de travailler les techniques explosives de boxe ou de sortie de force par exemple, d'intensifier les exercices de base et de renforcement. Exercez vos techniques préférées. Ce n'est pas le moment de tester des choses nouvelles. Cultivez la puissance et l'explosivité dans ce que votre corps a le mieux intégré. Attention à votre récupération.
 
Et pour tout le monde:
 
HYDRATEZ-VOUS !!!
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Pratiquer toute l'année - l'été indien
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Entre l'été et l'automne vient se loger l'été indien. L'inter-saison est une période clé dans la perspective énergétique chinoise. Elle se retrouve, d'ailleurs entre chaque paire de saison, et nous y repassons, cycliquement avant d'engager la suivante. Cette cinquième saison relève de l'élément Terre, elle est le "terrain", le "terreau" même, à partir duquel nous croissons. Elle doit donc être enrichie constamment pour produire une vie et une pratique meilleures.
 
Comment pratiquer en cette période ?
 
Vous êtes débutant:
 C'est le moment d'explorer, vous documenter, visiter les clubs, rencontrer professeurs et pratiquants. Faîtes vous plaisir, écoutez vos sensations.
 Et posez-vous quelques questions très simples:
 - Comment bouge le professeur ?
 - Est-il capable d'expliquer ce qu'il fait, clairement et simplement ?
- Quelle sensation cela produit en vous, voudriez-vous bouger de la même façon ?
 - Y a t'il des anciens dans le groupe ? Si oui, quelles sont leurs capacités ?
 - Enfin, est-ce que ces gens sont sympa ? Aurez-vous envie de les retrouver une ou plusieurs fois par semaine ?
 Et vous pourrez plus lucidement choisir votre pratique, votre "terre" future.

Vous êtes déjà pratiquant:
 L'été était l'occasion de se faire plaisir, se reposer mais aussi, s'exprimer, se dépasser, solliciter le corps. et même idéalement chercher ses limites. Maintenant il faut revenir à l'école. Reprendre les bases, réviser les formes, les techniques, la théorie et l'histoire. Ressortez vos notes (Vous en avez bien ? Rassurez-moi... )
 Approfondissez éventuellement, documentez-vous pour enrichir votre "terre" (l'organe associé est l'estomac, il faut donc absorber, sans trier. Le tri, ce sera pour la saison suivante).
 
Vous serez prêt et motivé pour la rentrée et pour une année de pratique encore meilleure.
 
Rendez-vous très bientôt en pleine forme !
 
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